Partager l'article ! Les rangées de chaises: Ça y est, je suis libre... Je sors. Bien-sûr avec ses potes, on sort... on sort loin même... on va j ...
Ça y est, je suis libre... Je sors.
Bien-sûr avec ses potes, on sort... on sort loin même... on va jusque dans les tréfonds de son être... et souvent on en ressort changé... du moins le lendemain matin et une bonne partie de la
journée.
Non, là je sors... seul.... sans escorte.... indépendant.... libéré de cette dictature de groupe où la majorité a forcément raison.... Je serais à moitié nu, en Écosse, la tête sur un billot avec un mouchoir en soie dans la main... je crierai « FREEDOM ».... mais c'est du déjà vu.
Et où je vais ? Au théâtre... c'est pour ça que je suis seul. « Un ciné, à la limite.... mais le théâtre, c'est pourri... » (c'est mes potes).
Je traverse le parking fier comme un camion sur l'autoroute qui dépasse enfin une voiture (une Twingo sans doute) et me dirige vers la salle polyvalente dans laquelle une représentation théâtrale a lieu dans quelques minutes.
Je paye. je m'assois et dès lors mon état d'indépendance a déjà disparu... mais je ne m'en suis pas aperçu. Pourtant me voilà solidaire d'un groupe de gens inconnus. Plus tard je verrai une mamie, un couple de jeunes et un monsieur plutôt costaud (rapport à son embonpoint).
Le lien récent et pourtant si solide qui nous unit.... ce sont ces p****** de chaises que l'organisateur de la soirée a décidé d'accrocher les unes aux autres pour une raison que je ne comprends pas.... que je ne cherche pas à comprendre.
Je m'évade d'un carquois pour m'enfermer dans un autre encore plus inconfortable. Vous vous dîtes qu'il est facile de désunir ces chaises... un crochet mâle, un crochet femelle... c'est pas sorcier, c'est l'essence de la vie, la base de tout.... Bien oui ! Mais je suis au milieu. L'arbitre en somme. (« A ma gauche, 86 kg à eux deux, ils ne se lâchent pas des yeux et leurs bouches ont une légère tendance à s'attirer bruyamment l'une vers l'autre, à leur palmarès on ne compte pas moins de 3 médailles d'or d'indécence et 2 d'argent en impudeur... J'ai nommé : LE COUPLE DE JEUNES... A ma droite, 112 kg + 32 kg, ils ne se connaissent pas mais Madame est déjà incommodée par la largeur d'épaule de Monsieur... et se mêlent au vacarme du Couple de jeunes, un bruit de sussion émanant de la bouche de la Dame manifestant ainsi son irritation....J'ai nommée LA VIEILLE et LE GROS HOMME....). En fait, je ne m'imagine pas demander à chacun de se lever pour décrocher les chaises. En quittant mes potes, j'ai gagné en liberté mais j'ai perdu en force de persuasion et en courage.
Nous voilà donc, attachés. Impossible d'avancer ou de décaler sa chaise pour espérer avoir une vue dégagée sur la scène entre les deux épaules de ceux de devant. Impossible pour moi, en tout cas. Car, pour le monsieur costaud, nos 250 kg cumulés paraissent dérisoires. D'un coup de hanche rageur pour se placer comme bon lui semble, il fait pivoter la rangée... et nous voilà désaxés... regardant un coin de la scène et un mur.... Le monsieur, s'excuse, recule. Le choc est violent... les bruits d'exaspération de la Dame se multiplient... . Le Couple de jeunes n'a rien remarqué... sûrement habitué à des secousses similaires... En cela, je dis qu'ils doivent vivre dans une région sismiquement sensible... rien d'autre.
A priori, rien de grave... Sauf que Monsieur avait la bougeotte et s'excusait chaque fois très fort, ce qui gênait notre entourage proche qui se détournait en soupirant... Bref à la question : « Alors c'était bien ?? » J'ai répondu « Non, les chaises étaient attachées... ».
le 16/09/2008 à 00h58 | Juin 2012 | ||||||||||
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